💡 Innover pour mieux travailler : retour sur l’expérimentation de la semaine de 4,5 jours au sein du Collectif de L’Ascenseur
À L’Ascenseur, l’innovation sociale ne se pense pas seulement, elle se teste.
Ces derniers mois, l’association a expérimenté une nouvelle organisation du travail : la semaine de 4,5 jours, avec un objectif précis : améliorer l’équilibre vie professionnelle / vie personnelle des salarié·es, tout en maintenant l’efficacité et l’impact de l’action associative.
Pensée comme un véritable laboratoire d’innovation sociale, cette expérimentation s’inscrit pleinement dans la raison d’être de L’Ascenseur : identifier, favoriser et diffuser des pratiques qui font bouger les lignes, notamment dans le secteur associatif.
🔍 Une expérimentation construite, loin des idées reçues
Contrairement aux idées reçues, il ne s’agissait pas simplement de “supprimer une journée de travail”.
Dès le départ, de nombreuses questions ont émergé : continuité de l’activité, équité entre salarié·es, articulation avec les congés, les RTT, le télétravail ou encore les temps partiels.
Le choix a été fait d’opter pour une semaine de 4,5 jours, correspondant à une réduction effective du temps de travail, sans baisse de salaire, et sans intensification des journées.
Une distinction essentielle avec la semaine en 4 jours, qui condense la charge de travail et peut accentuer l’épuisement.
Au sein d’une équipe de 7 salarié·es, l’expérimentation a concerné les 3 collaboratrices à temps plein, qui se sont réparties des demi-journées OFF afin d’assurer une continuité optimale de l’activité.
📊 Mesurer avant d’agir : une approche rigoureuse
L’expérimentation s’est ainsi appuyée sur une organisation interne adaptée et sur une méthodologie rigoureuse, menée en interne par Jérémy Lluansi, chercheur chargé de la mesure d’impact au sein du Collectif de L’Ascenseur : audit de la charge de travail, questionnaires réguliers (dont le questionnaire Karasek) et entretiens qualitatifs.
Cette approche a permis d’objectiver les effets de la semaine de 4,5 jours et d’ajuster l’organisation en fonction des différentes périodes d’activité.
✅Premiers enseignements : bien-être, efficacité et fierté collective
Les premiers résultats mettent en évidence :
✔️ un meilleur équilibre vie pro / vie perso ;
✔️ une diminution de la charge mentale ;
✔️ une organisation collective et individuelle du travail plus efficace, notamment autour des réunions et du télétravail.
Comme le souligne Mathilde Boulay, Déléguée générale de L’Ascenseur :
« La semaine de 4 jours est une innovation sociale ambitieuse, et les associations doivent aussi pouvoir s’en emparer. Cette expérimentation démontre la plus-value concrète d’un tel dispositif. »
Les témoignages des salariées évoquent une véritable “bouffée d’oxygène”, bénéfique à l’ensemble des projets portés par le Collectif.
⚠️ Points de vigilance : une innovation à adapter à chaque réalité associative
La mise en place d’une semaine de travail réduite ne constitue pas un modèle universel et doit être adaptée à chaque structure.
La diversité des contrats (CDI, CDD, alternance, stage, service civique, temps partiel…) soulève des enjeux juridiques et organisationnels qui nécessitent une anticipation rigoureuse. La taille de la structure est également déterminante : plus les effectifs sont importants, plus un accompagnement juridique est indispensable.
Par ailleurs, ce dispositif n’est pas toujours compatible avec toutes les missions, notamment pour les équipes terrain ou fortement opérationnelles. Une réflexion est alors nécessaire pour éviter toute inégalité de traitement entre les salarié·es. Des modalités flexibles peuvent être envisagées, par exemple une application sur certaines périodes de l’année.
Enfin, la réussite du dispositif repose sur une démarche collective structurée : la mise en place d’un comité de pilotage et la consultation régulière de l’ensemble de l’équipe permettent d’embarquer les salarié·es, d’identifier le format le plus adapté à la structure et de repenser l’organisation interne, notamment la rationalisation des réunions.
À L’Ascenseur, cette démarche a été sécurisée par :
- un comité de pilotage et planification dédié pendant 6 mois ;
- une simulation préalable via 4jours.work ;
un accompagnement juridique spécialisé.
🤝 Une démarche à partager avec l’écosystème associatif
Car au-delà de l’organisation interne, cette expérimentation pose une question plus large :
Comment prévenir l’épuisement, lutter contre les inégalités et rendre le secteur associatif plus soutenable et attractif ?
L’Ascenseur a souhaité aller plus loin : documenter l’expérimentation et en faire un guide de mise en place, à destination des structures associatives qui souhaitent, elles aussi, se lancer.
✨ À L’Ascenseur, cette aventure collective ne fait que commencer.
Et si la semaine de 4,5 jours devenait, demain, un nouveau levier d’égalité des chances et de transformation sociale
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